Le barème

Ben : " Bah là je viens de terminer de lester le corp, tu vois...
C'est à dire, lester le corp, tu dois le remplir de certaines choses, parce que tu vois, tu dois savoir que quand tu immerges un corp dans l'eau, il se gonfle d'air, hein...
Et alors il a tendance à remonter à la surface, donc tu es obligé de le lester afin qu'il coule, hein...
Bon, tu le lestes avec des cailloux, des choses un peu lourdes, hein...
Tu vois, y'a un barème quand tu lestes un corp, c'est à dire, tu fais 3 fois son poids normalement, un homme moyen, comme cette victime ci, c'est 3 fois son poids.
Mais sinon, par exemple, ça change... Tu as pour les enfants ou pour les nains, ça change, pour un enfant c'est...
-il est plus léger un enfant, hein- C'est 2 fois son poids, ouais 4 fois son poids, comment ? Non, non, parfois, par exemple pour les nains c'est une fois son poids, c'est beaucoup plus lourd, hein, les os sont beaucoup plus lourds chez un nain, donc c'est une fois le poids, une vielle dame, par exemple ou un viel homme, 5 fois le poids, les os sont porreux déjà... "





Le facteur

Ben : " Tu vois généralement en début de mois je me paye un petit facteur...
Je me léve le matin... Et je prend ma matinée pour récolter les pensions, ce qui me permet par la même occasion,de repérer les vieux qui ont de l'argent...
J'évite par dessus tout, c'est les jeunes couples qui commençent, tout ça, ça pue la pauvreté... C'est désagréable...
Mais les vieux, hein... Ils ont de l'argent ça c'est sur... Des vieux pauvres j'en connais pas...
-silence-
... Avares oui hein ! Mais pauvres, non...
"





L' Architecture

Ben : " Tu vois ici, on est dans un quartier à majorité de vieilles personnes...
C'est à dire que les urbanistes conçoivent des logements dit sociaux, c'est à dire des logements faits pour les jeunes, pour les jeunes couples qui démarrent, pour les ouvriers, pour les ménagères, mais aussi peut être pour les chomeurs, hein ?
Tout ceci dans le plan d'une re-structuration des plans de secteurs, visant à vaincre la solitude du troisième âge en l'intégrant à la population active, c'est une chouette idée, mais où je ne suis pas d'accord, et c'est là qu'est la faille, c'est comment peut-on concevoir des habitations sociales sans la moindre recherche esthétique ?!
Ca ce n'est pas possible, hein? Je suis désolé, aller, hein ?...
Bon, ils avaient pensé installer des cerisiers du Japon tout le long des allées, tu vois, un peu dans le style cité balnéaire anglaise, c'était une riche idée, est-ce que tu crois qu'ils l'ont fait ? Est-ce que tu crois qu'ils l'ont fait ?!

Remy : Non...

Ben : Si, si, ils l'ont fait, et c'était pas mal parti, mais ils se sont arrêter là, et c'est ça qui est dommage.
Tu vois, c'était de la poudre aux yeux, ils ont jeté de la poudre aux yeux, les gens ont dit oui...
mais non.
Moi j'ai été observateur, j'ai remarqué qu'on s'est arrêté à un moment et c'est ça qui est dommage...
Regarde, qu'est-ce qui te saute la première fois que tu vois ça ? La première chose qui te saute aux yeux...
Les briques ! C'est les briques rouges ! Et le rouge c'est la couleur de quoi ?
Le rouge c'est la couleur du sang, le rouge c'est la couleur des indiens, c'est la couleur de la violence ! Hein ?
Alors que le fléau de notre société, et tout le monde s'accorde à le dire, est la violence, ils vont te foutre des briques rouges !!
Mais le rouge c'est aussi la couleur du vin, mon vieux... Vin, qui dit vin dit pot de vin !
Parce que tout ça c'est magouilles et compagnie, c'est politico... Je ne sais pas tout quoi... Mais tu vois c'est des histoires de fric, et ça, ça me désole hein ? Attention tu vas n'importe où avec ta caméra...
Les gens... Ils aimeraient pouvoir s'arrêter et dire : Tiens, quel beau parterre, quelle magnifique asymétrie, oh, et quelle belle tonalité de briques...
Mais on ne leur donne pas l'occasion non plus !
Alors ils préférent rester devant leur téléviseur et c'est dommage...
Moi, personnellement si j'avais du concevoir ce genre de choses, j'aurais vu une habitation, tu vois, de plein pied, avec de grands parterres trés aérés, un peu à la Franck Loyd, typiquement dans l'esprit des habitations japonaises, parce que ces gens là, malgrès tous leurs défauts, avaient compris beaucoup de choses... "





Les moules

Ben : " Tiens, elle m'a donné faim la vieille...
Tu sais de quoi j'ai envie Remy ?

Remy : Non...

Ben : J'ai envie de moules ! Un bon gros plat de moules plein de légumes, de jus, avec des frites !

Remy : ...

Ben : Et où est-ce qu'on trouve des moules ?

Remy : Au restaurant...

Ben : A la mer ! Aller, je vous invite tous à la mer ! Ca vous dit ?
Aller, on prend la bagnole, en deux heures on y est, on part vers un bon plat de moules ! Un peu de boisson et ce sera une chic soirée... hein ? Pour fêter ça ! Aller ! ...
-silence-
bah quoi ?...
bah arrête de tout le temps sourire, t'aimes bien les moules oui ou non ?


Remy : Oui j'aime bien les moules...


Ben : Bah prends pas cette tête d'abruti alors, on y va ?

Remy : Mais peut être qu' André devait rentrer ce soir...

Ben : Tu dois rentrer André ?

André : J'avais pas prevu ça quoi...

Ben : Aller, tu téléphones et on y va ! hein ? Aller !

Remy : Pat... Patrick...

Ben : Patrick...

Patrick : Bah, si... si André doit partir ça...

Ben : Bah hé les gars ! C'est... C'est quand même vous qui devriez m'inviter ! Non ?
Aller !... Aller, on y va, aller, on va se marrer...


Patrick : Mais une autre fois, alors ou bien...
On peut le refaire, faire ça une autre fois, non ?...


Remy : Moi ça va, mais eux ils ont des obligations...

André : Ouais, c'est... si on me prévient, si on prévoit à l'avance, moi ça va quoi, si on me dit à l'avance... c'est bien gentil...

Ben : Viens... viens avec moi alors...

Remy : Mm...
Moi j'ai pas de voiture...


Patrick : Bah... on ira tous ensemble une autre fois...

Ben : Ok, Non, ça va, ça va, ça va, aller ! Laissez tomber... Je vais aller me trouver un restaurant ici tout prés... Ca va !... Ok les gars...

Remy : Mais... Une prochaine fois... sans problême...

Ben : Oui, oui, oui, oui, mais y'a pas de problême hein, une prochaine fois...

Remy : On aura encore l'occasion...

Ben : Quoi ?!

Remy : Y'aura d'autres occasions...

Ben : Oui, oui, y'aura surement d'autres occasions, oui...
Bah, j'sais pas moi, à une prochaine, vous me faites signe quand vous avez besoin de moi, hein ?


Remy : Mais tu veux qu'on te raccompagne ?

Ben : Non, non, je vais marcher ça ouvre l'appetit

Remy : Sans ça on peut te raccompagner...

Ben : Non, ça va, je vais marcher un peu je te dis que ça ouvre l'appetit...
Merci, hein? Les gars... "





Le restaurant

Ben : " Eh, Remy... André m'a laissé entendre tout à l'heure que vous aviez quelques problêmes pour terminer le film et pour acheter la pellicule?

Remy : C'est justement que...

Ben : Et bien il va de soi que je suis prêt à partager mon pécule hein...

Remy : Merci Benoit, c'est bien gentil...

Ben : Je serai ravi...

André : Merci beaucoup...

Ben : Je serai ravi... Et, s'il faut faire des heures supplémentaires on fera des heures supplémentaires...
Mais là ce ne sera plus un film qu'on fera, ce sera une saga ! hahaha... Aller, on lève notre verre à la vie !... De bon coeur !


Remy : Tchin...

Ben : Qu'est-ce que vous prenez, un blanc ? Un rouge ? Ou vous me laissez choisir ? Vous me laissez choisir ?...
Tu me mets ça ( au serveur )


Serveur : Je crains qu'aujourd'hui le choix de Monsieur ne soit pas des plus judicieux, si je peux juste me permettre...

Ben : Tu ne te permets juste rien du tout, tu vas d'abord me soigner cette mauvaise peau et ensuite tu te permets, hein ?
...
Tour à tour finaud,
Tour à tour polisson,
Tour à tour gangster,
Mais tour à tour généreux,
Quelque soit le montant
Que tu me demanderas Remy,
Toujours, je dis bien, toujours,
Benoît y pourvera.


Remy : Merci Benoit... (ils applaudissent timidement )

Ben : Merci...
Avec la mer du nord,
Le long des golfes clairs,
Et des vagues dodues, pour arrêter les vagues,
Et des poissons volants, volant comme des goélands,
Et des planctons, en veux-tu en voilà,
Et des saumons rouges surgissant de l'au-delà,
Et les méduses amères, et les algues pourpres,
Et les goémons d'hiver, rien, non,
Rien ne m'empéchera de citer ton nom,
Mer, Mer, Mer, belle marade amère,
Et les eaux qui... ( il vomit )
...
Qu'est-ce que t'attends peau de couille, le ressac ? ( au serveur )


Remy : Je pense qu'il faudrait aller chercher une serpillière... ( au serveur )

Ben : Ca va, ça va, ça va...
Ca va, les moules devaient être avariées...
On va rentrer hein, je vais payer on va rentrer...


André : Ca va ? "
( Ben vomit une nouvelle fois )





L'usine

Ben : " C'est un couple, nous sommes en pleine période d'accouplement...
Regarde cette plume... Elle est visqueuse.
Parce que le mâle, sécréte, une matière grasse et puante, qui attire la femelle dans ses filets...
C'est la nature.
-silence-
Pigeon,
Oiseaux à la grise robe,
Dans l'enfer des villes,
A mon regard tu te dérobes,
Tu es vraiment le plus agile... "





Chez Malou

Ben : " Un petit quidam, ça ne fait pas de vague... Tu tues une baleine, t'auras les écolos, t'auras Greenpeace, t'auras le commandant Cousteau sur le dos ! Mais décimes un banc de sardines, j'aime autant te dire qu'on t'aidera à les mettre en boîte !...
Faut travailler petit, hein...


André : En somme, vous avez peur des gros ?

Ben : Quoi ?

André : Je dis que vous avez peur des gros.

Ben : Oh tu n'as rien compris du tout, tu m'énerves toi ! J'préfére encore parler avec lui qu'avec toi !
Je n'ai pas peur des gros moi Remy ? Je n'ai pas peur des gros, honnêtement ?


Remy : Non...

Ben : Hein, non, moi simplement je n'aime pas ce qui fait du bruit ! Je n'aime pas ce qui fait des vagues ! Alors, je préfére travailler petit, et que ça rapporte beaucoup ! Parce que des quartiers résidentiels j'en connais mon vieux, hein...
Quand tu veux je peux aller...


André : Bah on y va alors.

Ben : Bah on y va, on y va, quand tu veux ! "





Cinéma, cinéma

Ben : " Je te dégoute...

Malou : J'en ai marre ! Bon, aller !

Ben : Je te dégoute ouais je sais, je te dégoute dis le ! ...

Malou : Aller, aller !

Ben : Je te dégoute avec mes défauts, hein ?

Malou : Non !

Ben : Hein, non ? Ahahaaaaah, ...
Cinéma ! CINEMAAAAAA ! ...
Oui je sors dans un s... Je suis le cinéma !
Cinéma ! CINEMAAAAAA !
De salles en salles, et de villes en villes...
Je t'ai donné,... mon existence...
Et toi, Gabin, fils de Lucien ! Le cinéma a fait de toi, un bon gamin !
Aller les gosses, avec moi !
Cinéma ! CINEMAAAAAA ! (tous en coeur)
Oh si vous me filmez en train de pisser ! Ohoh bon... Imbeciles ! Aller...
Sur le quai des brumes..., chante Michèle Morgan..., que ses yeux sont charmants comme disait si bien Jean !
Cinéma ! CINEMAAAAAAA !
De salles en salles et de villes en villes !
Cinéma ! CINEMAAAAAA ! Ah arrg... "